Congrès de la nature – Jour 2-3 : la biologie de synthèse peut-elle servir la biodiversité ?

Le Congrès mondial de la nature se tient du 3 au 11 septembre à Marseille. Deux journalistes de Reporterre sont présentes à cet événement autour de la biodiversité, et proposent un suivi quotidien.

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Marseille, reportage

Un rat se tient en embuscade alors que je m’apprête à rejoindre une première réunion parmi les centaines de cessions programmées entre le 4 et le 11 septembre au Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Un déguisement bien sûr, pour interpeller les participants à cette rencontre sur la biologie de synthèse. Le sujet est conflictuel. Car si 128 motions ont déjà été adoptées par les membres de l’organisation avant le congrès, une vingtaine plus problématique seront discutées cette semaine. En particulier, la motion 75 sur la biologie de synthèse.

Un rat, donc, pour alerter sur l’application de la biologie de synthèse aux espèces sauvages. Certaines recherches s’intéressent en effet à utiliser le forçage génétique pour éradiquer le rat des îles où il détruit les espèces endémiques. Cette technologie permettrait d’éliminer une population en introduisant des individus génétiquement modifiés afin d’enrayer la reproduction de l’espèce. Son application la plus connue est celle contre les moustiques vecteurs de la malaria. Si le forçage génétique est la plus controversée des applications de la biologie de synthèse – d’ailleurs le comité français de l’UICN s’y est déclaré opposé —, elle n’est pas la seule. L’enjeu de la motion est d’ailleurs moins le forçage génétique que de préparer une politique globale de l’UICN sur la biologie de synthèse.

Les risques inconnus de la biologie de synthèse

Un groupe ad hoc a évalué les impacts de cet ensemble de techniques — de la transgénèse aux nouvelles techniques de modifications du génome — sur la conservation. Les résultats de son travail sont disponibles en ligne sous le titre « Les frontières génétiques de la conservation ». À travers ce recensement des effets négatifs et positifs de la biologie de synthèse sur la biodiversité, un large consensus émerge pour dire que les connaissances relatives aux dangers de ces techniques sont insuffisantes. On l’imagine sans peine. Comment, par exemple, évaluer les effets sur les écosystèmes océaniques du largage d’un corail développé en laboratoire pour résister au réchauffement des océans ? Sans parler du forçage génétique qui pourrait…

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Auteur: Magali Reinert Reporterre

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