Congrès du RN : un convoi de sans-papiers arrêté avant son arrivée à Orléans

6 h 30, place de la République à Paris. Plusieurs centaines de personnes se réunissent avant l’aube, dans le froid et la pluie, pour former un convoi de bus organisé par la Marche des solidarités et la Coordination 75 des Sans Papiers (CSP 75) à destination d’Orléans. Elles comptent y grossir les rangs de la manifestation prévue contre le congrès du Rassemblement national (RN).

Pendant la distribution de croissants, Ruben remarque les nombreux·ses jeunes présent·es dans la foule, et commente : « C’est une journée qu’on prépare depuis des mois avec des tractages et des soirées de soutien. » Juriste de profession, il certifie que « si le RN gagne l’élection présidentielle, la Constitution ne pourra pas l’arrêter. »

Une fois réparti·es dans les bus, les participant·es insufflent une ambiance joyeuse au trajet, entre chansons et prises de parole. Mais en sortant de l’autoroute à seulement quelques kilomètres du centre-ville d’Orléans, trois bus sont arrêtés par les gendarmes et leurs occupant·es en sortent pour être soumi·es à des fouilles et des contrôles d’identité. En solidarité avec les sans-papiers présent·es parmi elleux, l’ensemble des manifestant·es refusent de présenter leurs pièces d’identité, et attendent encerclés par les gendarmes que la situation évolue. 

Avec son écharpe d’élu adjoint au maire du 18e arrondissement de Paris, Anzoumane Sissoko négocie patiemment avec les gendarmes. Pendant une pause, il se remémore la manifestation massive de près de 50 000 personnes contre le congrès du FN à Strasbourg en 1997 : « Aujourd’hui, cela me paraît toujours inimaginable que ce parti puisse arriver au pouvoir. Il faut qu’on s’organise dans chaque quartier pour l’empêcher de faire campagne et de tracter. » 

Cette répression policière, on la vit au quotidien.

Zoumana

Un autre délégué du CSP 75 à ses côtés réagit quant à lui à l’attentat raciste survenu…

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Auteur: Marius Jouanny