Dans un contexte actuel de chômage de masse et de crise multidimensionnelle, les coopératives d’activités et d’emploi (CAE) proposent de révolutionner le rapport au travail et la conception de l’entrepreneuriat, avec un ancrage dans l’économie sociale et solidaire.
L’entrepreneuriat et le salariat sont souvent considérés comme deux régimes bien distincts. Le premier est d’ailleurs de plus en plus plébiscité en tant qu’alternative au second, dans un contexte économique en berne et dans la perspective d’activer de nouveaux leviers de création de valeur économique et d’intégration sociale. Pourtant, ces deux régimes peuvent coexister dans le cadre d’un seul et même statut : celui d’entrepreneur salarié associé (ESA). Il permet à des entrepreneurs l’accès à un statut de salarié en CDI, avec une rémunération calculée à partir du chiffre d’affaires, mais versée en salaire en prenant en compte les cotisations sociales, patronales et salariales.
Proposé par les coopératives d’activités et d’emplois (CAE), ce statut s’appréhende de deux façons. C’est à la fois un outil de sécurisation de l’entrepreneur – bénéficiant ainsi des avantages sociaux du régime salarial – et un vecteur d’appartenance à un projet collectif et politique – celui de l’économie sociale et solidaire. La tendance des CAE à s’inscrire de manière plus ou moins marquée sur chacune de ces deux logiques entraîne une hétérogénéité considérable de coopératives.
L’entrepreneur en devenir a alors tout intérêt à bien identifier au préalable ce qu’il recherche dans l’intégration d’une CAE : est-ce le confort de la délégation de la gestion ? Le statut de salarié et ses avantages sociaux ? Cherche-t-il de la cohésion au sein d’une équipe de pairs entrepreneurs avec qui échanger ? Envisage-t-il la CAE comme un projet engagé et alternatif qui réinvente le rapport au travail ?
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Auteur: Céline Bourbousson, Maitresse de conférences en sciences de gestion, Université Côte d’Azur

