Le Forum de Davos a eu au moins un avantage. Le monde entier en est venu à s’interroger sur la santé mentale de Donald Trump. Plus que jamais, le président américain est apparu « psychiquement désorganisé », comme disent pudiquement les psys. Il a plusieurs fois confondu Islande et Groenland, il a raconté une histoire sans queue ni tête sur le prix des médicaments en France, prêté aux Somaliens un QI « extrêmement bas », avant, le lendemain sur Fox News, de manifester tout son mépris pour les soldats britanniques et français en Afghanistan en 2020, restés, selon lui, « un peu loin des lignes de front ». Les plus indulgents parlent de « déclin cognitif ».
Trump a reculé sur le Groenland, mais il n’a pas renoncé à sa chasse aux migrants dans le Minnesota et ailleurs.
Mais l’épisode a surtout révélé que Trump pouvait être mis en échec. Les Européens parlant enfin d’une voix forte, sinon unanime, bien aidés par le Canada (remarquable, le discours du premier ministre Mark Carney !), l’ont fait reculer. On ne voit pas très bien à la fin où est la « grande victoire » dont il s’est vanté à propos du Groenland, si ce n’est l’extension de la base déjà existante de Pituffik. On est loin de l’annexion tant désirée de la totalité de la grande île de l’Atlantique Nord. Une autre mauvaise nouvelle est venue des États-Unis mêmes. Après l’assassinat, le deuxième en deux semaines, d’un citoyen par la milice anti-migrants ICE, quelques grandes voix démocrates, Clinton et Obama notamment, sont enfin sorties de leur silence. Plus grave encore pour Trump et ses amis, une partie de la population est descendue dans la rue. La résistance semble s’organiser contre ces voyous encagoulés toujours promis à l’impunité.
Auteur: Denis Sieffert

