Alors que de nouvelles informations laissent entendre que les négociations entre représentants iraniens et américains auraient, une fois encore, connues une évolution « positive » — au moins dans ce cycle précis — une question fondamentale s’impose avec une acuité renouvelée : dans quel état se trouve réellement la société iranienne ? Que reste-t-il d’un peuple qui vient de traverser l’un des massacres les plus violents de son histoire contemporaine, et qui demeure enfermé dans un état de choc mêlant deuil, confusion et épuisement moral ?
Les Iraniens ne sont pas seulement confrontés à la perte de milliers de vies humaines. Ils font face à une confiscation progressive de toute possibilité politique. Après la répression sanglante, une autre violence s’est installée : celle de la réduction du champ des alternatives. Le débat public, déjà étouffé à l’intérieur du pays par la République islamique, est désormais, à l’extérieur, écrasé par une fausse dichotomie martelée avec insistance : Pahlavi ou le néant.
Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah, se présente comme le porteur d’une mission salvatrice, promettant de « refonder » l’Iran. Pourtant, ce discours, loin d’apaiser, alimente une dynamique de colère et de polarisation. Le document dit de « transition », réalisé par les pahlavistes, censé décrire les cent quatre-vingts premiers jours après la chute du régime islamique, est particulièrement vague et juridiquement inconsistant. Une seule chose y apparaît clairement : l’ensemble des décisions, sans exception, serait placé sous l’autorité directe de Reza Pahlavi. Cette concentration extrême du pouvoir est paradoxalement présentée par ses partisans comme un acte démocratique, voire comme l’unique voie possible pour sauver l’Iran.
Plus préoccupant encore est le comportement de certains de ses soutiens les plus actifs. Lesquels disqualifient violemment, à coup de poing s’il le faut, toute pensée…
Auteur: dev

