« Tous les magasins prêts à signer avec nous ont arrêté les discussions. Ceux engagés ont tenté de mettre fin à notre contrat et ils s’arrêtent les uns après les autres. Bref, ça a tué notre boîte. » Swiv est une entreprise qui a créé en 2022 une boucle de réemploi du verre en Normandie. D’abord en convaincant des producteurs locaux, des épiceries, des magasins bio, puis des grandes surfaces, d’installer des automates pour récupérer des bouteilles en verre.
Début 2025, elle avait 70 points de collecte, dont 10 supermarchés. « Puis, [l’éco-organisme] Citeo a annoncé le déploiement de sa propre boucle de réemploi », relate Andrew Farndon, l’un des trois cofondateurs de la petite entreprise, débordée par le rouleau compresseur de cet acteur privé, agréé par l’État pour réduire le coût environnemental des emballages ménagers et papiers. Il a été créé en 1992 directement par les entreprises du secteur de la grande consommation et de la distribution et compte dans son conseil d’administration des entreprises comme Nestlé, L’Oréal et Auchan.
« Ils ont tout mis à disposition gratuitement. Alors que les magasins avec lesquels nous travaillions nous payaient une prestation pour les automates, la collecte, la communication… » déplore Andrew Farndon.
« Mise en œuvre hétérogène et insuffisamment ambitieuse »
En juin 2025, Citeo a lancé ReUse, un dispositif de consigne de verre pour réemploi, expérimenté dans quatre régions (Bretagne, Hauts-de-France, Normandie et Pays de la Loire), en attendant un déploiement national annoncé pour 2027. « Le mouvement lancé est irréversible », a annoncé fin juin Valentin Fournel, directeur innovation, écoconception et réemploi de l’éco-organisme, lors d’une conférence de presse dédiée au bilan du premier anniversaire de l’expérimentation.
« Maintenant, évidemment, tout n’est pas parfait », a-t-il aussitôt…
Auteur: Mathilde Doiezie

