L’environnement, un critère d’achat délaissé. Une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), dévoilée en exclusivité par La Croix, démontre que, entre 2021 et 2023, les préoccupations environnementales dans la consommation ont reculé.
La période, marquée par une inflation de 21 % sur les produits alimentaires, a vu toutes les catégories de population accorder moins d’importance aux préoccupations environnementales au moment de remplir leurs paniers. Le respect du bien-être animal, la préservation de la biodiversité ou même le « fabriqué en France » ont perdu de leur influence. Pour chaque critère, la baisse d’intérêt est comprise entre six et huit points entre les deux années.
L’agriculture biologique souffre particulièrement de cette mauvaise dynamique. La proportion de personnes qui se disent incitées à acheter un produit quand il est bio a ainsi diminué de neuf points. À peine la moitié de la population déclare aujourd’hui ce label comme un facteur motivant l’achat.
L’inflation, principale responsable
Dans son étude, le Crédoc identifie trois profils de consommateurs, selon leur envie et leur capacité à assumer leurs préoccupations environnementales. Parmi eux, les « engagés » représentent ceux qui allient aspiration et action. S’ils représentent encore un peu plus de la moitié de la population totale (51 %), leur part a diminué de cinq points entre 2021 et 2023. Les départs ont notamment alimenté la catégorie des « empêchés », ces personnes qui aimeraient s’orienter vers une alimentation plus durable mais qui se retrouvent limitées par divers obstacles.
Au premier rang des freins qui font reculer la consommation vertueuse se trouve évidemment le prix. Selon le Crédoc, près de la moitié des non-consommateurs de bio en 2023 citaient le prix comme justification. Un critère qui se retrouve dans le profil sociologique…
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Auteur: Louis Faurent

