Plusieurs contributions récentes, dans Contretemps ou le Monde Diplomatique, débattent de la notion de technoféodalisme et de ses implications politiques. Pablo Rauzy, dont les recherches portent sur la sécurité informatique émancipatrice, poursuit cette discussion en pointant certains impensés de la critique des écrits sur le technoféodalisme.
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En août 2025, Evgeny Morozov publie un article de controverse sur la notion de « techno-féodalisme », qu’il dénonce, dans Le Monde Diplomatique. Début octobre, deux articles sortis coup sur coup poursuivent la discussion : Frédéric Lordon prolonge les arguments d’Evgeny Morozov le 3 octobre sur son blog du Diplo, et Cédric Durand répond en défendant la notion de « techno-féodalisme » dans Contretemps le 4 octobre.
Dans son article, Evgeny Morozov s’en prend de façon assez virulente au concept de techno-féodalisme. Il attaque principalement Yanis Varoufakis, mais aussi Shoshana Zuboff, qui a introduit la notion de « capitalisme de surveillance ». Sa démonstration du fait que les Big Tech ne pratiquent en fait qu’un capitalisme tout à fait classique est convaincante, mais s’appuie essentiellement sur Amazon et Apple pour mettre discrètement de côté Google et Meta (ou d’autres comme Reddit, X, etc.) qui mettraient partiellement à mal sa démonstration avec leurs revenus qui proviennent très majoritairement de la publicité. En effet, il accepte dans sa démonstration que la publicité est assimilable à une rente féodale sur les « vrais » capitalistes, mais démontre que ce n’est pas de là que viennent les revenus des Big Tech. Sauf que pour Google, la publicité représente plus de 75 % des revenus de l’entreprise, et ce chiffre monte à 99 % (!) pour Meta. Si cela fragilise grandement sa démonstration, cela ne rend pas pour autant sa conclusion fausse : le capitalisme n’est pas mort, et les Big Tech, Google et Meta compris, en sont partie…
Auteur: redaction

