« En attente », « Oui », « Oui si », « Non admis ». Depuis 2018, les décisions produites par les plates-formes d’accès à l’enseignement supérieur, Parcoursup puis Monmaster, génèrent anxiété et incertitude chez les élèves et leur famille, supplantant la crainte de ne pas obtenir le baccalauréat. L’émotion est telle que certains vont jusqu’à contester le verdict scolaire qui leur est opposé.
Mais qu’expriment ces plaintes ? À partir d’une enquête entre sciences sociales et droit sur l’inscription en première année de licence, en master ou au concours de médecine, Annabelle Allouch et Delphine Espagno-Abadie s’intéressent dans Contester Parcoursup (éd. Presses de Sciences Po) aux effets des nouveaux modes de sélection sur les candidats, leurs proches mais aussi sur les institutions du supérieur elles-mêmes. Dans l’extrait ci-dessous, elles racontent comment les motifs des réclamations peuvent dessiner une crise de la parentalité.
Lorsque l’on considère la nature des réclamations, on observe une forte parentalisation des recours et de son caractère genré, même si le panel des entretiens (fondé sur un une surreprésentation des catégories sociales moyennes et supérieures) ne donne pas un résultat aussi affirmé que les dossiers du Défenseur des droits. Ainsi, dans les entretiens menés, la moitié des répondants (N = 40) sont des parents, dont 11 mères.
En termes de négociation familiale, il est fréquent qu’un parent soit toujours plus impliqué que l’autre dans le recours, mais avec l’accord de ce dernier (y compris pour les couples séparés). En général, le parent engagé est celui qui a mis en œuvre des normes parentales d’accompagnement scolaire très serrées, typiques des classes moyennes et supérieures (extrascolaire, options stratégiques, mobilisation du réseau, etc.).
L’analyse des dossiers et des entretiens souligne à quel point ces réformes (et…
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Auteur: Annabelle Allouch, Maîtresse de conférences en sociologie, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

