Le 11 février, la présidente von der Leyen a de nouveau rencontré des centaines de représentants d’entreprises lors d’un événement organisé par le CEFIC, un puissant groupe de pression de l’industrie chimique européenne, quelques heures seulement avant de s’entretenir avec les chefs d’État de l’UE. Ce schéma récurrent de dialogue exclusif soulève une question fondamentale : la politique européenne est-elle façonnée par ses 450 millions de citoyennes, ou par les plus grands lobbies industriels du continent ? Le timing offre également à l’industrie une occasion privilégiée de faire valoir ses revendications directement lors du sommet des chefs d’État de l’UE sur la compétitivité le jour suivant. Le recul menace de s’intensifier après ce sommet, qui examinera une série de propositions de déréglementation, dont la plupart émanent directement de l’industrie.
Depuis 2024, la Déclaration d’Anvers sert de feuille de route parallèle à l’Union européenne. Ce qui est présenté comme un moyen de relancer l’économie est de plus en plus utilisé pour démanteler les garanties démocratiques de l’UE. Nous assistons à un démantèlement systématique des protections essentielles en matière de climat, d’environnement, de numérique et de société – des avancées durement acquises qui sont désormais échangées contre des concessions aux entreprises, à huis clos. Jusqu’à présent, l’UE a agi rapidement et avec fermeté en faveur des pollueurs, des entreprises qui bafouent les droits, et des actionnaires, mais pas en faveur des citoyennes.
La Commission a même porté atteinte à ses propres garanties procédurales, en omettant de fournir des analyses d’impact et des données scientifiques ou économiques crédibles pour des propositions clés, et en négligeant de mener des processus de consultation constructifs. Lorsque le Médiateur européen a fait part de ses préoccupations, la Commission…
Auteur: Collectif

