La police s’affiche toujours et encore dans la presse locale : Contre Attaque vous propose une série d’articles pour mieux comprendre les enjeux qui se cachent derrière le journalisme de préfecture. Après avoir décrypté des reportages policiers récents et mis en lumière leurs auteurs, le troisième épisode s’intéresse au concept de contre-insurrection.
Ce que l’on appelle la « contre-insurrection » est une forme de propagande théorisée par l’État français depuis la Guerre d’Algérie. Le principe est simple, il repose sur deux fondements : l’un militaire, l’autre médiatique. Réprimer de la manière la plus violente qui soit les groupes considérés comme ennemis, et mener une « guerre psychologique » pour légitimer l’action de répression et affaiblir les groupes visés.
Cela consiste à inonder les médias d’informations positives et engageantes, favorables au pouvoir et à sa police, afin d’isoler les mouvements contestataires et justifier la répression avant même qu’elle n’ait lieu. L’objectif est d’avoir le soutien de la population en cas d’action autoritaire et/ou violente de la part de l’État. Dans un conflit, les gens doivent choisir l’État : il faut donc salir son adversaire mais aussi glorifier ses troupes.
Cette doctrine a été utilisée lors des guerres coloniales, puis exportée dans de nombreuses dictatures. En Algérie, d’un côté l’armée française faisait des cadeaux dans des villages, ou prétendait apporter de la protection et des soins à la population civile, de l’autre elle raflait, torturait et tuait les indépendantistes, déplaçant de force des centaines de milliers de personnes.
Dans les médias, l’application de cette doctrine consiste d’un côté à taire, minimiser ou relativiser les violences policières, et de l’autre à mettre en avant toute action policière qui pourrait être jugée positivement. C’est ainsi qu’une présentatrice de BFM TV…
Auteur: B

