Contre la bactérie tueuse d'oliviers, l'Italie tentée par les OGM

20 mai 2021 à 09h42,
Mis à jour le 21 mai 2021 à 12h39

Durée de lecture : 7 minutes

Monde
Agriculture
OGM

Salento (Italie), reportage

Dans une serre jouxtant son moulin à huile de Gagliano del Capo, tout au sud du Salento, l’oléiculteur Giovanni Melcarne mène des expérimentations a priori anodines : il croise des variétés d’oliviers locales avec des variétés résistantes à la bactérie Xylella fastidiosa, tenue responsable de la mort de millions d’oliviers dans cette petite région du sud de l’Italie. Gros producteur d’huile, président de l’AOP (Appellation d’origine protégée) locale et bon client des médias, Giovanni Melcarne publie régulièrement sur ses réseaux sociaux des photos de ses jeunes pousses et ne cache pas son enthousiasme pour ce qu’il appelle pudiquement « l’amélioration génétique ». « L’objectif est de trouver des variétés résistantes à Xylella mais aussi plus adaptées à la haute densité, explique-t-il. En Italie, on a une grande biodiversité, beaucoup de variétés d’oliviers, mais par rapport aux exigences de l’agriculture intensive, on a cinquante ans de retard. »

La catastrophe provoquée par Xylella sur les oliviers du Salento, déjà affaiblis par des années d’abandon du fait de leur faible rendement, est l’occasion de refondre l’oléiculture locale. Plutôt que d’entretenir des oliviers multicentenaires de variétés locales, certains oléiculteurs voient d’un très bon œil l’arrivée de variétés dites résistantes à la bactérie. Celles-ci peuvent produire des olives même en étant infectées, et sont en outre plus adaptées à l’oléiculture intensive. Dans cette perspective, les nouvelles techniques d’édition du génome des plantes pourraient être une aubaine. « Quelle serait la réaction des oléiculteurs italiens si nous pouvions résoudre le problème de la Xylella en rendant tolérantes à cette bactérie les variétés italiennes ? Accepteraient-ils le changement ou préféreraient-ils voir disparaître les oliviers ? », lançait dans la presse italienne dès 2018 Haven Baker, cofondateur de la société américaine Pairwise spécialisée dans les nouvelles techniques de sélection végétale.

Un post Facebook, traduit de l’italien, de Giovanni Melcarne.

Ces techniques permettent de modifier, d’insérer ou d’inactiver un gène entre des variétés d’une même espèce. En Europe, elles sont — pour le moment — soumises aux mêmes règles que leurs prédécesseurs OGM car elles posent les mêmes questions…

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Auteur: Reporterre

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