Contre la certitude, sauver l'attente

L’« utopie de la certitude » consiste en ceci : tout sécuriser, puis assurer la sempiternelle répétition de tout ce qui a été sécurisé.

Difficile de nier que le développement des technologies numériques instaure un nouvel ordre économique, qui s’ajoute aux capitalismes industriels et financiers dont hérite le début de ce siècle. Faut-il y voir une continuation du capitalisme par d’autres moyens ou dans d’autres domaines ? Un « capitalisme de surveillance » ? Ou encore une sortie du capitalisme, supplanté par le « techno-féodalisme » ? Quelle que soit la classification dans laquelle nous rangeons cette nouvelle configuration, une approche philosophique de celle-ci consiste à en identifier l’idéologie propre et les valeurs cardinales. Quelle conception de l’existence individuelle et collective est charriée par la promotion du tout-numérique ? Quelles sont les convictions axiologiques des entreprises qui en vendent les services ? Deux valeurs principales y sont posées comme moralement souhaitables et justifiant a priori toutes les actions menées en leur nom : l’omniscience et la certitude. Il s’agit de promouvoir, envers et contre tout, un savoir quantitatif et, corrélativement, une capacité prédictive infaillible.

À cette conception mutilée de l’existence humaine et dans un contexte politique qui peut entraîner une forme de tétanie, le texte qui suit propose d’opposer une disposition existentielle et politique dont la modestie et l’inactualité apparentes n’altèrent pas la pertinence, celle de l’attente, dont la pensée de W. Benjamin et, inspirée de celles d’André Breton et Auguste Blanqui, propose une conception dynamique.

Omniscience & certitude

Le modèle de rentabilité des plus grandes entreprises de la tech repose sur l’extraction de données personnelles, sur leur analyse, et sur l’élaboration de modèles de prédiction des comportements, vendus à des entreprises…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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