L’Antifascisme. Son passé, son présent et son avenir, Mark Bray, traduit de l’anglais (États-Unis) par Paulin Dardel, préface de Sébastien Fontenelle, Lux, 2018. Sortie en poche le 23 août, coll. « Pollux », 328 pages, 11 euros.
Certains en France ont appelé cela la « stratégie de la cravate », soit une bonne présentation des dirigeants et des militants d’extrême droite, rompant avec les crânes rasés et les bottes coquées. « Par le passé, avec les groupes nazis violents, la stratégie antifasciste était claire. […] Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Avec les mouvements populistes, il n’est pas toujours évident de justifier des stratégies militantes contre eux alors que l’opinion publique est en train de changer de bord. D’autant que la violence des soutiens de l’extrême droite se dissimule dans leurs agissements politiques et touche surtout des personnes non blanches, des personnes hors de la ‘communauté/tribu nationale’, qu’on ne voit pas. C’est là que la stratégie antifasciste classique trouve ses limites. »
Telle est l’expérience que fait le réalisateur et militant antifasciste danois Rasmus Preston, rapportée dans un chapitre intitulé justement « La montée des ‘nazis en costume’ et l’antifascisme aujourd’hui » dans l’essai de Mark Bray.
Le fascisme porte désormais beau, même si ses nervis, dans les pays occidentaux, continuent d’attaquer violemment les militants de gauche, les minorités sexuelles et surtout les exilés, transformés par une partie de l’opinion publique en boucs émissaires de l’aggravation d’inégalités dues aux politiques néolibérales exercées depuis plusieurs décennies. « Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique,…
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Auteur: Olivier Doubre

