Depuis dix ans que je travaille à Reporterre, pas un matin sans une nouvelle glaçante. Déclin vertigineux des papillons, inondations meurtrières en Asie, recrudescence des cancers chez les jeunes… Tantôt j’en pleure, tantôt j’enrage. Le plus souvent, ce flot de catastrophes s’insinue en moi sous une forme plus paralysante : le fatalisme. Refuser l’impuissance, tel est le défi de notre décennie — peut-être de notre siècle. Mais comment ne pas sombrer ?
Personnellement, ce qui me tient, c’est la douceur et la cohésion au sein de Reporterre. Ce qui me tient, c’est la nécessité vitale du travail journalistique que nous menons. Ce qui me tient, c’est aussi — surtout — l’attention que nous portons aux alternatives. Agroécologie, mobilités douces, énergies citoyennes… Raconter ces centaines d’initiatives qui œuvrent à construire dès aujourd’hui le monde de demain.
Dans un monde en proie aux atrocités climatiques, parler d’alternative peut paraître au mieux naïf, au pire néfaste. Une manière convenable de faire l’autruche. Et pour les journalistes attachés au sacro-saint principe de la dénonciation — « porter la plume dans la plaie » —, écrire sur l’écoconstruction ou le zéro déchet relève (presque) du blasphème.
Pourtant, à Reporterre, nous nous attachons depuis nos débuts à raconter toutes ces alternatives, comme autant de remèdes à l’écoanxiété. Dans la bataille culturelle qui se joue, nous entendons également promouvoir ces « utopies concrètes », avec une rigueur journalistique et un regard critique.
Nous voulons maintenant aller plus loin. Grâce à vos dons, nous lançons, à partir de janvier 2026, une infolettre mensuelle entièrement dédiée aux alternatives : L’Étincelle. Un shoot de vitalité que vous pouvez vous procurer en vous inscrivant à nos lettres d’info — toutes les personnes inscrites aux infolettres hebdomadaire ou quotidienne…
Auteur: Lorène Lavocat

