Contre la « souveraineté numérique »

Peut-on imaginer une IA locale, responsable, bio et sous-contrôle ? Le collectif STopMicro qui lutte contre l’extension d’usines de semi-conducteurs (et de tout le monde qui va avec), se penche ici sur la question de la « souveraineté numérique », soit de la capacité d’un État de contenir et réguler une technologie qui ne connaît par essence pas les frontières.

Début juin, inquiet de la puissance de calcul développée par deux IA de l’entreprise Anthropic, le gouvernement américain a imposé à cette dernière de bloquer l’accès à certains de ses programmes pour les utilisateurs qui ne sont pas citoyens des États-Unis. C’est ainsi que vendredi 12 juin, Anthropic a coupé l’accès à ses deux IA Mythos 5 et Fable 5 pour le monde entier.

Inquiets à leur tour de cette situation nouvelle, dans laquelle un pays d’origine d’une IA peut décider à tout instant d’en couper l’accès, journalistes et politiques européens en arrivent tous à la même conclusion. Face à la dépendance des Européens aux technologies américaines, il faudrait développer une « souveraineté numérique », c’est-à-dire une industrie du numérique locale (semi-conducteurs, logiciels, hébergement de données). Or, cette proposition de « souveraineté numérique » qui fait consensus nous semble à la fois irréaliste – du fait de la nature mondialisée de l’industrie du numérique – et politiquement inconséquente – car elle ne remet pas en cause le modèle de développement technologique qui est précisément la cause de notre dépendance. Mieux : elle encourage la fuite en avant technologique et ses multiples nuisances. Nous refusons donc ce mot d’ordre illusoire.

Constat de dépendance

Commençons par le constat. C’est un fait, la France et l’Europe sont dépendantes du reste du monde pour leur accès au numérique. Dépendantes des États-Unis, bien sûr, car ceux-ci sont leaders dans le domaine des logiciels….

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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