En septembre dernier, l’actrice Charlotte Gainsbourg a signé une tribune publiée dans Le Figaro qualifiant de « capitulation morale contre le terrorisme » la reconnaissance, pourtant tardive et purement symbolique, d’un État palestinien par la France. Cette tribune, également signée par Bernard-Henri Lévy, Raphaël Enthoven, Yvan Attal, Dominique Reynié et Pascal Bruckner, appelait Emmanuel Macron à conditionner la reconnaissance d’un État palestinien « à la libération des otages » israéliens retenus à Gaza « et au démantèlement du Hamas ».
Nous nous sommes habitués à voir Gisèle Halimi séparée de tout un pan de ses combats : ses combats anticoloniaux et anti-impérialistes.
Elle ne contenait en revanche pas un mot de critique contre l’État d’Israël, pourtant coupable de réaliser un projet génocidaire en Palestine. Il était connu depuis quelque temps, à ce moment-là, que Charlotte Gainsbourg allait interpréter Gisèle Halimi dans un film sur le procès de Bobigny. Ce film, L’Affaire Marie-Claire, va sortir début novembre. Choisir la cause des femmes, qui a fourni en début de production des informations sur l’ambiance et le décor des réunions de l’association, ne soutiendra pas ce film. Nous y voyons une nouvelle trahison de l’héritage de Gisèle Halimi.
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Ne faudrait-il pas séparer la femme de l’artiste ? Peut-être effectivement l’interprétation de Charlotte Gainsbourg est-elle juste. Peut-être aussi que le film transmet de manière poignante l’histoire du procès de Bobigny. Beaucoup auront donc envie de répondre à cette question par la positive et ce, d’autant plus facilement que nous nous sommes habitués à voir Gisèle…
Auteur: Ana Cuesta
