Contre le libre-échange agricole, la sécurité sociale alimentaire

La crise agricole, qui surgit actuellement sur la scène politique et médiatique, réveille la problématique récurrente de la faiblesse des revenus d’un certain nombre d’agriculteurs. Près de 20 %, des ménages agricoles vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. L’extrême hétérogénéité du monde agricole, ancrée dans le paysage rural français depuis les années 1960, s’affiche avec obscénité dès que l’on s’efforce d’analyser la question agricole.

Rien de comparable en effet entre les revenus du Président du « Syndicat », la FNSEA, à la tête de plus de 700 hectares, mais aussi de multiples sociétés et holdings et le petit agriculteur exploitant, souvent surendetté qui ne jouira de conditions de vie acceptables que devenu retraité. Celui-ci procédera alors à la vente de son exploitation dont la valeur, croissante au fil du temps de labeur, découragera les acquéreurs les plus modestes. Elle sera en revanche, à la portée d’un « plus gros ». Une manière e favoriser la concentration du capital financier et foncier agricole, d’accentuer les inégalités parmi les agriculteurs et de pérenniser un modèle agro-industriel inscrit logiquement dans une mondialisation mortifère.

Pourtant la régularisation des échanges internationaux, leur ralentissement, la relocalisation de la production de denrées, la recherche d’une alimentation saine, le travail sécurisé de la terre débarrassé de la chimie, devraient dessiner un nouvel horizon pour les producteurs et les mangeurs, afin, eu égard à l’indispensable préservation des équilibres naturels, de garantir à la fois un revenu digne aux paysans et, pour toutes et tous, le droit à l’alimentation, cette promesse de l’accès à une nourriture de quantité suffisante et dont la qualité sanitaire est garantie. 

La faute à Ricardo

Alors qu’un climat de forte imprégnation protectionniste…

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Auteur: Didier Harpagès

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