550 kilomètres à pied pour réclamer la sortie du nucléaire. Partie le samedi 24 juillet, la Grande Marche entre La Hague (Manche) et Paris organisée par l’association Nucléaire en questions s’est achevée mercredi 25 août vers 17 heures devant l’Assemblée nationale. Fatiguée mais satisfaite, l’une des organisatrices, l’enseignante et conseillère municipale caennaise Béatrice Hovnanian, égrène les chiffres comme autant de petites victoires contre l’industrie de l’atome : « 2 000 personnes croisées en route, dont 500 avec qui nous avons eu de véritables échanges ; 600 personnes qui ont assisté à nos 38 conférences thématiques, lesquelles ont fait plus de 33 000 vues sur Facebook ; plus de 200 personnes qui se sont relayées aux côtés de notre noyau dur de 7 marcheurs ! »
Mercredi matin, neuf marcheurs s’étaient donné rendez-vous à 10 heures devant la tour EDF de La Défense, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Leurs banderoles, drapeaux et tee-shirts jaune vif n’ont pas manqué d’interpeller deux salariées d’EDF en petites robes noires descendues fumer une cigarette. « Les gens ne sont pas prêts à se limiter dans leur mode de vie, assure l’une d’elle. Et puis le nucléaire n’est pas si polluant, 90 % des combustibles usés sont recyclés ! » « C’est faux ! », lui rétorque Michel, un des militants, avant de se lancer dans un exposé sur la saturation prochaine des piscines d’entreposage du centre de retraitement de La Hague et sur le volume croissant de déchets radioactifs qui s’entassent sur le territoire. « Toutes nos conférences sont visibles sur notre page Facebook, n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil ! » leur lance-t-il alors qu’elles regagnent la tour.
En tout, plus de 200 marcheurs se sont joints au noyau dur des militants. Facebook Nucléaire en questions
Se réapproprier la question de l’énergie
Sur la route de Paris, les premiers échanges avec les passants ont été plus cordiaux. Kevin, serveur dans un bistrot de La Défense pour financer son master en architecture et construction durable à l’École spéciale des travaux publics (ESTP) de Paris, se saisit avec enthousiasme du tract tendu par Daniel, un des marcheurs. « 550 kilomètres, c’est un long trajet ! Lors de vos conférences, avez-vous évoqué le problème des émissions de gaz à effet de serre et les solutions de remplacement au nucléaire — hydraulique, énergie solaire ? C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, je vais aller…
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Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

