Ce qui devait arriver, arriva. Au seuil de la campagne présidentielle, le magazine gay Têtu, dans son numéro d’automne qui vient de paraître, offre une double-page au président du collectif Fiertés Citoyennes, Arnaud Abel, en livrant un portrait héroïsant le personnage et manipulant certaines vérités. Ce collectif est une émanation LGBT+ du Printemps Républicain qui n’est pas sans rappeler le rôle actuellement joué par le collectif Nous Vivrons dans les rangs féministes. Sans compétence de terrain ni développement argumentatif très élaboré, le collectif a pourtant réussi à visibiliser ses discours autoritaires dans les médias ; outre Têtu, ils ont pu trouver des relais dans Marianne, Le Point ou encore CNews.
Dans cet article, paru initialement dans la revue Trou Noir n°4 en 2025 et légèrement actualisé sur son substack, Mickaël Tempête décrit la manière dont ces discours ancrent la normalisation gay dans un projet de militarisation des conduites minoritaires. Il en analyse non seulement les ressorts rhétoriques qui plaisent tant aux grands médias mais il historicise cette pensée policière en revenant sur le rôle joué par le Parti socialiste dans les années 1990 dans l’institutionnalisation des luttes LGBT+.
Alors, c’est quoi le républicanisme LGBT+ ?
1. Dans la grande messe de normalisation des conduites, voilà qu’entre en scène les républicanistes LGBT, une bande de CSP+ drapée dans l’universalisme occidental, cette vieille lune dont la lumière blafarde éclaire surtout les couloirs des ministères et les visages des éditorialistes de salon. Une association en particulier, Fiertés Citoyennes, a retenu mon attention. Née des émois numériques et des indignations télévisées, elle n’a rien inventé. Elle recycle, à la manière de ses aînés du Printemps Républicain, la vieille rhétorique de la majorité silencieuse flouée par des minorités trop bruyantes, hystériques,…
Auteur: dev
