Il va falloir mieux cohabiter avec la faune sauvage. C’est en substance les conclusions d’une nouvelle étude de l’université du Michigan, aux États-Unis, publiée le 21 août dans Science Advances, qui prévoit que les espaces accueillant à la fois des humains et des espèces sauvages vont continuer à s’étendre.
Pour évaluer l’évolution du recoupement des aires d’habitats entre les humains et 22 374 espèces de mammifères, oiseaux, amphibiens et reptiles, l’étude s’est appuyée sur la croissance démographique et la modification des habitats naturels sous l’effet du changement climatique. Résultat : principalement à cause de l’augmentation de la population humaine, le recouvrement va augmenter sur près de 57 % de la surface terrestre d’ici 2070, en particulier dans les zones forestières d’Afrique et d’Amérique du Sud, ainsi que dans les régions très peuplées d’Asie.
« Les politiques de conservation doivent donc se concentrer davantage sur la gestion de la coexistence entre l’humain et la faune, au lieu d’essayer de séparer les humains et les animaux sauvages », explique Neil Carter, coauteur de l’étude. Autrement dit, les zones protégées de toute présence humaine ne suffiront pas à préserver la faune sauvage si la cohabitation est impossible ailleurs.
Le chercheur à l’université du Michigan, également directeur du groupe de recherche Conservation & Coexistence Group qui s’intéresse justement aux conditions de cette coexistence, invite ainsi à trouver des solutions « pour gérer les compromis de la coexistence, notamment en minimisant les conflits entre les populations et les espèces sauvages — y compris la propagation des maladies et la perte de récoltes —, tout en maximisant les nombreux avantages offerts par la faune et la flore ».
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Auteur: Magali Reinert

