[3/3 Antennes 5G sabotées, l’enquête] Où les sabotages ont-ils eu lieu ? Quel sens politique les saboteurs donnent-ils à leur action ? L’État prend-il la menace au sérieux ? Après la carte des sabotages en France, un entretien avec trois saboteurs, retour sur la répression en cours.
Des peines de prison ferme, des gardes à vue « anti-terroristes » qui peuvent durer 96 heures, la cellule de gendarmerie Oracle spécialement dédiée aux sabotages… Les centaines d’attaques contre les infrastructures de télécommunication opérées ces dernières années donnent des sueurs froides aux autorités. Elles déploient un arsenal répressif pour y faire face. Au sommet de l’État, la menace est prise très au sérieux.
Laurent Nuñez, l’ancien bras droit de Christophe Castaner, devenu coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, en a fait l’une de ses priorités. Dès janvier 2021, il dénonçait « une succession d’actions de basse intensité » et « une montée en gamme de la violence ». Contre ces sabotages, il insistait sur « l’importance d’un échange très étroit entre services de police et de gendarmerie, services de renseignement et services judiciaires ». À plusieurs reprises, les membres du gouvernement ont dénoncé ces attaques « criminelles », qui « coupent les populations de services vitaux ». « Ces actes doivent être punis sévèrement », insistait le secrétaire d’État au numérique Cédric O.
Au total, pas moins de quatorze enquêtes judiciaires ont été menées, aboutissant à une trentaine d’interpellations. Des moyens importants ont été mis en place. Dans le Nord, deux hommes de 21 et 29 ans ont été condamnés respectivement à neuf mois et un an de prison ferme pour avoir incendié une antenne-relais à Douai. À Nancy, un jeune anarchiste a également été condamné à quatre ans de prison, dont la moitié derrière les barreaux, pour l’incendie de deux antennes. Dans le Jura, deux hommes ont aussi été condamnés à trois et quatre ans de prison ferme.
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Sabotages : les affaires judiciaires.
Les peines sont lourdes, mais la plupart des affaires de sabotages restent encore irrésolues et leurs auteurs courent toujours. Pour y mettre un coup d’arrêt définitif, les autorités ont donc décidé de passer à la vitesse supérieure.
Des suspects surveillés
Depuis le mois de mars, une convention nationale a été signée entre l’État, les opérateurs et…
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Auteur: Gaspard d’Allens (Reporterre), Laury-Anne Cholez (Reporterre) Reporterre

