Contre les tractopelles, les jardins populaires entrent en résistance

Besançon (Doubs), reportage

La défense des jardins urbains se structure davantage. De ces lieux partagés, toujours plus menacés par des projets immobiliers, est née il y a cinq ans la Coalition des jardins populaires en lutte. Elle réunissait des militants de Besançon, mais aussi de Lille, Tourcoing, Aubervilliers ou Dijon. Depuis, ces militants organisent chaque année leurs assises. « Ce qui nous rassemble dans ces jardins populaires, c’est le lien, le métissage, la vie de quartier, a rappelé Vingt, militant d’Aubervilliers, lors de l’ouverture de cette quatrième édition, les 2 et 3 mai. Le but de cette coalition est de s’entraider. »

Une entraide morale, technique ou encore juridique. Défendre de telles terres nécessite en effet des moyens humains et une certaine expertise. « Il est assez rare que les jardins aient la taille critique pour résister longtemps, ils finissent par disparaître », dit Guillaume, jardinier aux Vaîtes, à Besançon.

Cette résistance passe par plusieurs phases : des événements de communication pour alerter, puis des recours juridiques contre un permis de construire ou un plan local d’urbanisme. « Souvent, l’aspect juridique ne suffit pas. » Vient alors la question de l’occupation des terres, phase « énergivore ». « Sans cette occupation, on n’aurait pas gagné », dit Vingt, dont l’une de ses luttes s’est soldée en 2022 par l’abandon d’un projet de solarium à Aubervilliers.

Des usages populaires jugés illégitimes

Outre des enjeux climatiques, de biodiversité et d’autonomie alimentaire, la défense de ces jardins est aussi celle de la « multiplicité des usages » qu’ils permettent, ont insisté les différentes intervenantes de la table ronde. « Les Vaîtes sont un espace de loisirs pour les classes populaires, avec la possibilité de jardiner, mais aussi de faire des barbecues, de promener son chien, etc. », dit Claire Arnoux,…

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Auteur: Camille Jourdan

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