Fachos = débiles… Une phrase tellement classique et tellement horrible. Une insulte à toutes les personnes qui sont déjà marginalisées, exclues et dominées du fait de leur fonctionnement intellectuel. Une phrase comme on en voit tant d’autre lorsque l’on parle des fascistes de tous poils, une phrase profondément validiste.
C’est une habitude généralisée : pour dénigrer son adversaire politique on insulte son « intelligence ». Combien de fois le racisme est-il ramené à la bêtise, la police au faible niveau scolaire ou le fascisme au Quotient Intellectuel ? Il n’y a pourtant aucune corrélation entre le QI et les idées réactionnaires. Pire, en répandant ce discours massivement, notamment à gauche, on défend en réalité un discours que l’on prétend combattre. On contribue à la hiérarchie de la valeur des personnes selon leurs compétences logiques et langagières : c’est du validisme. C’est cette logique qui a conduit à l’Aktion T4 dans laquelle les nazis ont tué entre 70 000 et 300 000 personnes du fait de leur handicap.
L’intelligence : un concept de domination
S’il est de bon ton de se croire plus intelligent que ces adversaires politiques, il serait temps de se pencher sur ce qu’est censé être l’intelligence. Et il n’existe aucun consensus sur ce qu’elle serait. Pourtant, dans les sociétés capitalistes et occidentales, nous en parlons de manière catégorique comme les performances d’une personne sur les plans logico-mathématiques et langagiers. Cela n’est pas neutre, ce sont les valeurs mises en avant dans la société bourgeoise et les plus récompensées symboliquement comme économiquement. Les savoirs artisanaux, corporels, artistiques, sociaux, etc, sont dévalués dans cette même société. L’intelligence est toujours une manière de valoriser les référentiels bourgeois, blancs, masculins, et valides. Dire qu’un facho est débile est un non-sens politique : c’est…
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