Ian Alan Paul : Je voulais commencer notre conversation par Machines in Flames (2022), votre film expérimental qui s’attaque à l’histoire du groupe militant français CLODO [Comité Liquidant Ou Détournant les Ordinateurs], un collectif qui incendiait des entreprises technologiques au début des années 1980. Le projet articule une critique de l’internet en tant qu’archive mondiale, au service des intérêts de la cybernétique et du contrôle, et dont nous apprenons dans le film que votre propre processus de recherche en devient partie prenante. À un moment, le narrateur réfléchit au fait que rechercher des traces virtuelles des attaques du CLODO risque de reproduire la “logique policière du numérique”, et il finit par se demander : une attaque contre une archive peut-elle “jamais être documentée ou représentée sans en réitérer la logique ?” Reprenant cette préoccupation exprimée dans le film, permettez-moi de vous poser la question : aujourd’hui, nous voyons des révoltes militantes explicitement dirigées contre le développement et le déploiement de diverses technologies numériques — beaucoup d’entre elles étant organisées dans une certaine mesure sur internet et finissant même par y circuler sous forme de contenu — mais elles semblent ne pas être parvenues à échapper entièrement à la logique informatique des systèmes qu’elles s’efforcent de démanteler. En quoi le CLODO nous offre-t-il une autre façon de penser l’histoire d’internet, et qu’est-ce que cela signifie de résister à sa fonction archivale et répressive dans une société capitaliste ?Andrew Culp : L’attrait de la technologie est puissant. Elle promet, avec douceur, de rendre la vie à la fois plus facile et plus puissante. Le CLODO est apparu à un tournant : le micro-ordinateur arrivait tout juste sur le marché grand public. Regardez la couverture du numéro du magazine alternatif Terminal qui a republié pour la…
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Auteur: dev
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