Contre Rachel Keke, une haine très ancienne

Rachel Keke n’est pas une députée comme les autres. Femme noire des classes populaires, gouvernante pendant des années à l’hôtel Ibis-Batignolles à Paris, elle est devenue la porte-parole d’une grève emblématique de ces dernières années, tant par sa combativité que par sa volonté de mêler luttes sociales, féministes et antiracistes. Sa présence à l’Assemblée nationale depuis 2022 souligne l’anomalie de notre système de représentation ; il suffit de regarder le nombre de député·es par catégorie socioprofessionnelle pour s’en assurer : 445 cadres, chef·fes d’entreprise et professions libérales, pour 7 ouvrier·ères, 2 personnel·les des services directs aux particuliers, 3 technicien·nes et 29 employé·es (1).

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Je laisse ici volontairement de côté les agriculteur·rices, commerçant·es, artisan·es et professions intermédiaires.

Mais, au-delà même de son élection, la présence de Rachel Keke à l’Assemblée n’a rien d’évident : en raison de ce qu’elle représente, elle est depuis le début de son mandat visée par des campagnes de dénigrement et de harcèlement de l’extrême droite. La dernière en date, lancée par le site Factuel, concerne son logement social, qu’elle n’a pas quitté en devenant députée, ayant convenu avec son bailleur social de payer un surloyer. Il y a là quelque chose d’indécent à peindre en profiteuse du système une femme immigrée, mère de quatre enfants qu’elle élève seule, qui a travaillé des années à temps partiel, gagnant le salaire minimum. Cela joue clairement sur des ressorts au croisement du sexisme et du racisme, qui ont toujours été au centre des campagnes menées par l’extrême droite à son encontre. Ainsi, on lui a reproché de « venir en boubou » ou « à…

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Auteur: Aurore Koechlin

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