Le masculinisme est une des caractéristiques toxiques du trumpisme. les expressions telles que « masculinité toxique » ou « hégémonique » ne suffisent plus pour décrire ce phénomène.
Un historien en parle :
Ivan Jablonka, historien : « L’agenda du trumpisme œuvre à une contre-révolution masculiniste »
Avec le second mandat de Donald Trump s’ouvre une nouvelle ère associant le virilisme au nationalisme et à la violence, dans un esprit de revanche dirigé contre les conquêtes féministes des cinquante dernières années, affirme l’écrivain dans une tribune au « Monde ».
(…)
Bien sûr, la loi du plus fort et les revendications territoriales procèdent de valeurs traditionnellement associées au masculin, comme l’a montré, à une autre époque, l’impérialisme européen.
Mais on manquerait la profonde originalité du trumpisme si l’on ignorait que, à cet instinct de prédation sur l’argent, l’environnement et les femmes, s’ajoute une volonté de reconquête fondée sur l’ego viril. Transfusant aux hommes l’esprit MAGA (Make America Great Again), le trumpisme promet la restauration de la « grandeur » masculine : pour enrayer le déclin d’une société censément émasculée, les hommes de pouvoir vont redonner le pouvoir aux hommes.
(…)
Dans cette mythologie où la rancœur le dispute au messianisme, le premier rôle revient aux hommes, considérés comme intrinsèquement supérieurs. Il faut recourir à l’intersectionnalité pour comprendre comment leurs qualités supposées, leurs motifs de fierté et leurs marqueurs d’autorité se renforcent pour fonder la nouvelle société virile.
Les sympathisants de Trump affichent les attributs d’une masculinité triomphante : musculature et tatouages des champions d’arts martiaux ; panoplie tee-shirt et casquette des jeunes magnats de la Silicon Valley ; armes, fanions et barbes des Oath Keepers [milice armée extrémiste et raciste] et des Proud…
Auteur:

