Dans une enquête publiée mardi 24 juin, la défenseure des droits pointe une hausse des contrôles d’identité avec une persistance des discriminations sur l’année 2024. Claire Hédon alerte sur ces pratiques qui génèrent une « érosion de la confiance » envers l’institution policière et peuvent mener à « une escalade des tensions ».
Outre les contrôles d’identité, qui ont augmenté de 10 % entre 2016 et 2024 pour atteindre un quart de la population, l’enquête s’est aussi intéressée aux dépôts de plaintes et mains courantes, pour lesquels une personne sur cinq a essuyé un refus.
Ne pas se sentir confiant en présence de la police
« Les personnes qui font l’objet d’expériences négatives au contact des forces de sécurité recourent moins au dépôt de plainte que les autres (…). Ces comportements peuvent venir affecter l’image de la police : seulement 50 % de l’ensemble des répondants se disent confiants ou rassurés en présence des forces de sécurité », remarque la défenseure des droits.
« À terme, cette érosion de la confiance peut avoir des conséquences directes » en nourrissant « les crispations entre la population et les forces de sécurité », ce qui peut « conduire à une escalade des tensions en contexte d’intervention », argue-t-elle, tout en étant « consciente des conditions de travail difficiles des forces de sécurité ».
L’Enquête accès aux droits (EAD) dévoilée mardi renouvelle une enquête de 2016. Elle a été réalisée d’octobre 2024 à janvier 2025 par l’institut de sondage Ipsos sur un échantillon représentatif de la population française de 5 030 personnes, âgées de 18 à 79 ans, résidant en France métropolitaine, questionnées chacune durant 37 minutes.
Les jeunes hommes « arabes, noirs ou maghrébins » plus contrôlés
En 2024, 26 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été contrôlées par la police ou la…
Auteur: La Croix (avec AFP)

