Ce poème devait paraître en 2022 dans une revue qui vit finalement pas le jour. Son autrice nous l’a confié tout en précisant qu’il ne serait pas possible de l’écrire aujourd’hui sans évoquer Gaza, d’une manière ou d’une autre.
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Jim l’ami qui écrit des romans noirs à New York
des histoires de traces de pas dans la neige de vieilles Chevrolet abandonnées dans les broussailles
avec qui tu parles au téléphone des fois dit
j’ai relu la bible récemment
il dit un autre mot dans une autre langue je ne m’en souviens plus
je ne m’en souviens plus c’est ce que je dis quand je redoute manquer aux obligations de l’universel je crains
le particularisme du nom de la langue j’appréhende
son odeur corporelle trop présente et aussi ses métamorphoses récentes au regard de l’histoire
en nom de langue parlée par un seul groupe de gens ou presque
unifiés par principe somnambulique
beaucoup sont aimables certaines sont mes proches
un peu perdues de vue forcément mais
une tendresse s’accroche outre-colère prête à
rempart quand il le faut de ton corps dramatique une poignée ne somnambulent pas je les aime d’amour nous parlons
la langue nous l’aimons
orpheline que personne n’apprend sans agenda par simple goût des langues-pourquoi-pas la langue-cendrillon
qui cire les godasses des militaires repasse leurs futals
surveille les checkpoints ouvre les portes
des tribunaux au petit matin la langue sacrée-d’autrefois maintenant honnie des habitantes historiques de sa terre natale seules pourtant
à connaître vraiment la forme de maintenant
de ses mots d’avant dans laquelle se fabrique
le crime de guerreAvant tout ça la rareté locutoire reposait
sur d’autres sacralités parler cette langue c’était entrer dans une salle
immense où l’ombre et la lumière mêmes
fabrique de sainteté accès proxime à la…
Auteur: dev

