Commençons par dire que de nombreux cas de répression et d’atteintes à la liberté d’expression passent totalement sous les radars médiatiques – une manière, par le silence, de les banaliser. Au cours du mois d’avril, les interdictions de conférences et les convocations policières ayant visé La France insoumise ont, en revanche, fait couler de l’encre.
Dans un futur article, nous verrons avec quel talent Le Monde exerce son rôle de contre-pouvoir dans la conjoncture actuelle : prôner un « équilibre nécessaire » entre « liberté de réunion » et « ordre public » d’une main ; participer sans relâche à la diabolisation de La France insoumise de l’autre. Souffler le chaud et le froid : c’est aussi ce que pratique régulièrement Libération. Un seul exemple : le 23 avril, Thomas Legrand peut bien se navrer d’une « réduction de la sphère de liberté » et de l’« attitude répressive » du gouvernement à l’égard (entre autres) des Insoumis, le positionnement révèle sa consistance lorsque le naturel revient au galop deux semaines plus tard : condamner, chez Jean-Luc Mélenchon, un « dépassement des bornes de la bienséance minimum du débat politique » (2/05). Telles que s’autorise à les fixer tout éditorialiste qui se respecte. Dans sa chronique, l’« état d’esprit répressif à l’œuvre à la tête de l’État » est désormais décrit comme un simple « répondant » que susciterait… la « participation mélenchonienne à la brutalisation de la vie politique », l’un et l’autre qualifiés de « sparring-partners idéaux ». Avec pareils défenseurs – et si fins analystes –, la liberté d’expression politique peut s’attendre au pire…
Basculement politique, routines journalistiques
Ailleurs dans la presse, le durcissement autoritaire n’entrave pas le ronron de la diabolisation. Au contraire… « La liberté d’expression en danger ? Les Insoumis ne doutent…
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Auteur: Pauline Perrenot

