L’ESSENTIEL
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Si les résultats de la dernière enquête PISA inquiètent, il faut les interpréter avec prudence.
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Les évolutions de certains pays dans le temps montrent que des réformes éducatives ouvrent des marges de progression.
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Alors qu’on valorise beaucoup l’acquisition de connaissances, PISA interroge aussi le bien-être des élèves.
La dernière enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2025) confirme le rang moyen de la France dans le classement général, si l’on s’en tient aux pays de l’OCDE. Nos scores moyens s’avèrent en forte baisse, en mathématiques comme en maîtrise de l’écrit (la baisse est plus modérée en « culture scientifique »). Cela correspond, en une dizaine d’années, à un an et demi voire deux ans d’apprentissage.
Au-delà du catastrophisme ambiant, l’interprétation de ces résultats requiert de la prudence. Le score moyen des pays et leurs rangs de classement ne nous délivrent aucun message univoque en eux-mêmes.
Si leur évolution temporelle doit interpeller, on ne peut non plus en tirer des leçons mécaniques. Mais le suivi sur de longues périodes des performances et des réformes est éclairant. Et les enquêtes PISA soulignent aussi le rôle des compétences socio-émotionnelles, de la confiance en soi à l’empathie dans les apprentissages.
Des jeunes Français de plus en plus moyens ?
La baisse moyenne que rencontre la France reflète la hausse du pourcentage d’élèves en grande difficulté : ils comptent, en mathématiques et en maîtrise de l’écrit, pour environ un tiers des élèves, contre environ 20 % dans les dernières enquêtes. Il se confirme que la France a un problème durable avec ces élèves faibles, sachant qu’elle peine aussi de plus en plus à dégager des élèves de très bon niveau : en mathématiques, nous n’en comptons plus que 4 %, contre 7 % en moyenne dans l’OCDE.
Pourtant, il importe de souligner…
Auteur: Marie Duru-Bellat, Professeure des universités émérite en sociologie, Centre de recherche sur les inégalités sociales (CRIS), Sciences Po
