L’orage serait-il passé ? La chute de la Silicon Valley Bank et le rachat du Credit Suisse par UBS ont ravivé, début mars, les mauvais souvenirs de la crise financière de 2008. Des spécialistes arguent néanmoins qu’ils pourraient être des cas relativement spécifiques, les premiers faisant les frais d’une stratégie d’investissement peu solide, les seconds payant notamment la fin du secret bancaire.
À la différence de la cheffe du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, alertant sur un niveau d’« incertitude élevée », Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, ne voyait pas de raisons de s’inquiéter pour les banques européennes, protégées par des règles solides.
La crise bancaire actuelle n’exclut donc pas de s’interroger sur des problématiques de plus long terme. Dans leur course à la digitalisation, les banques ont notamment développé des liens étroits avec l’écosystème des fintechs, comme nous le montrons dans nos travaux. C’est leur réponse aux nouveaux modes de consommation des clients digitaux et à une concurrence nouvelle. Celle-ci, grâce à la technologie moderne, intelligence artificielle, « machine learning » et autre blockchain, révolutionne l’offre de services bancaires.
Dans cet écosystème en construction, les coopérations prennent des formes multiples : les banques organisent des compétitions de programmation, créent des incubateurs de fintechs, entrent dans le capital des fintechs. Ces collaborations permettent aux banques d’enrichir leur parcours client en intégrant des solutions novatrices et des services connexes, que le nom de la fintech soit apparent ou en marque blanche.
Dans un contexte où la concurrence fait rage et où les rapprochements entre fintechs s’accélèrent, la coopération avec les banques s’intensifie et semble se déplacer sur un terrain nouveau, celui des services de paiement. Les banques qui suivront le mouvement à la…
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Auteur: Valérie Lelièvre, Maître de conférences en Sciences économiques, Chercheur au BETA et membre de la Chaire EFNUM, Université de Lorraine

