COP 28 : « C’est un accord pitoyable »

La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a qualifié les accords de la COP 28 de « bons accords ». Quel bilan faites-vous de l’accord ?

Clément Sénéchal : C’est un accord pitoyable et qui était prévisible. Compte tenu de l’état des connaissances scientifique, ce résultat est une mascarade. Ça fait bientôt trente ans qu’on a des COP, des décennies qu’on a un diagnostic stabilisé sur les causes du réchauffement climatique, mais on n’est toujours pas capables de fixer, dans les décisions de COP, une trajectoire de sortie des énergies fossiles, avec des échéances claires et des mécanismes de redevabilité. Ce qui se trouve dans le texte final ne correspond pas au langage attendu par tout le monde, à savoir « phase out », qui signifie « sortie » des énergies fossiles. À la place, on a « transitioning away », un langage faible et dilatoire, qui signifie « s’éloigner » et qui renvoie davantage à un vocabulaire de la réduction. Sans date butoir, évidemment. Il n’y a donc pas de trajectoire. C’est un discours déjà employé par un certain nombre de compagnies pétrolières dans leur répertoire de greenwashing.


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Certes, les « énergies fossiles » sont mentionnées, mais c’est complètement lunaire qu’on en parle pour la première fois dans ces négociations alors qu’elles devraient être dans les textes officiels depuis décennies, a fortiori dans l’Accord de Paris lui-même. Donc on ne va pas se consoler avec ça au moment où le réchauffement climatique accélère drastiquement, avec plusieurs points de bascule en vue. Je pense que la ministre Agnès Pannier-Runacher n’a pas dû lire le texte, ou juste les lignes du communiqué de presse…

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Auteur: Tristan Dereuddre