COP après COP, les peuples autochtones sont de plus en plus visibles mais toujours inaudibles

Le cacique Raoni Metuktire et son traducteur, le 29 novembre 2015, lors du lancement de l’opération « One Heart, One Tree » à la COP 21. Gert-Peter Bruch, CC BY

Ils occupent 20 % des territoires terrestres. Les peuples autochtones sont de plus en plus présents aux COP, mais leurs voix demeurent souvent inaudibles lorsque les décideurs du monde entier se réunissent.


« Nous ne sommes pas ici simplement pour poser sur vos photos. Nous sommes titulaires de droits en vertu de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et devons être présents à la table des décisions », avait prévenu, à la COP28 (Dubaï, 2023), Sarah Hanson, membre de la communauté anishinaabée de Biigtigong Nishnaabeg au Canada, et du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique.

Cette année-là comme les suivantes, cependant, bien peu de représentants des peuples autochtones se trouvaient à la table des négociations. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux à se rendre aux COP pour tâcher de faire entendre les voix de leurs communautés dans des pavillons, panels, au moyen de déclarations solennelles ou d’interventions médiatiques. Ils représentent environ 476 millions de personnes et occupent 20 % du territoire terrestre parmi les plus cruciaux pour la préservation de la biodiversité et du climat. Leur rôle est donc crucial dans la lutte contre le changement climatique.

Mais derrière cette façade inclusive, un paradoxe persiste. Si la visibilité des peuples autochtones augmente, leurs voix peinent encore à peser réellement sur les décisions.

À l’approche de la prochaine COP, qui se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém (Brésil), aux portes de la forêt amazonienne, cette contradiction mérite toute notre attention. Elle met en lumière les hiérarchies persistantes de savoirs et de pouvoir qui structurent encore les négociations climatiques…

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Auteur: Marine Gauthier, PhD Candidate International Relations, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)