COP biodiversité : des avancées trop timides pour enrayer l'érosion massive du vivant

La fin d’une Conférence des parties (COP) onusienne est souvent un mélange de satisfecit sur la dynamique globale et de regrets sur le manque de moyens engagés. La COP17 sur la biodiversité qui s’est tenue à Erevan (Arménie) du 19 au 30 octobre ne déroge pas à cette règle.

Dès l’ouverture, les représentants des 196 pays et de l’Union européenne étaient face à leurs responsabilités. Pour la première fois, un rapport d’étape publié en amont de la COP avait fait le bilan des avancées sur les engagements pris en 2022. Les objectifs fixés étaient ambitieux : protéger et préserver au moins 30 % des terres et des océans de la planète d’ici à 2030. Les participants se sont félicités que les engagements mis sur la table par les États s’approchent de la cible de 30 %. Mais le rapport montre que plus de la moitié de ces engagements de protection sont hors de portée faute de moyens.

La COP d’Erevan
« ne restera pas dans les annales »

« Tout le monde s’accorde pour dire qu’on n’atteindra pas les objectifs », confirme Laurent Durieux, ingénieur de recherche présent dans la délégation de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). En fin de nuit, peu avant la clôture de la COP, les États se sont accordés sur un « examen mondial » de l’accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022 (sorte d’équivalent de l’Accord de Paris sur le climat). Il s’agira d’« élargir le champ d’application et la couverture ». L’idée, plus concrète, de relever son « ambition » a disparu au fil des négociations.

La question des financements s’est enlisée. Un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) publié pendant la COP a pourtant rappelé la nécessité de multiplier par quatre les financements alloués à la protection de la biodiversité d’ici 2030. Parmi les points d’achoppement, l’élargissement de la liste des contributeurs aux grandes…

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Auteur: Magali Reinert