La COP21 est souvent symbolisée par le petit marteau en forme de feuille verte de Laurent Fabius scellant l’accord de Paris pour le climat. Or, ce qui s’est passé en dehors des halls de négociation au Bourget était tout aussi important, voire plus. Les activistes écologistes préparaient cette échéance depuis 2014. Mais la petite dynamique qui reprenait doucement a été assommée par la déclaration de l’état d’urgence après les attentats de novembre 2015. La traditionnelle Marche pour le climat ouvrant la séquence des COP a été interdite, et des militant·es pour le climat ont été assigné·es à résidence.
Une grande partie des citoyen•nes engagé·es se sont tout de même mobilisé·es partout en France, notamment à Paris, où une chaîne humaine de plus de trois kilomètres a rassemblé près de 10 000 personnes – selon les organisateurs – le 29 novembre 2015. Puis, le 12 décembre, au moins 15 000 personnes se sont retrouvées dans deux rassemblements : un sur le Champs-de-mars pour « déclarer l’urgence climatique », un autre entre l’Arc de Triomphe et la porte Maillot pour faire valoir les « lignes rouges » des citoyens sur le climat et rendre un hommage aux victimes du réchauffement climatique.
Un mouvement climat qui revit
Outre le contexte politique français sécuritaire, les défis étaient immenses pour la société civile après le traumatisme du sommet de Copenhague en 2009. « Il fallait se relever de cette gueule de bois », glisse Malika Peyraut, qui était alors chargée de campagne climat au sein des Amis de la Terre France. En effet, la COP15 n’avait accouché que d’un document non contraignant, sans engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement planétaire à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. L’objectif de la COP21 était donc ambitieux.
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Auteur: Vanina Delmas

