COP26 : le gâchis et la déception d'un accord a minima

Glasgow (Écosse), reportage

C’était le moment ou jamais pour éviter « un aller simple vers le désastre », selon les mots d’António Guterres, secrétaire général de l’ONU. Mais, malgré les conséquences déjà exponentielles du changement climatique, les sécheresses, les famines, les crues torrentielles ou les méga-feux qui sévissent partout dans le monde, la COP26 a accouché d’un accord extrêmement décevant. Adopté ce samedi 13 novembre, dans la soirée, le texte oublie les pays les plus vulnérables et, s’il mentionne les énergies fossiles, la formulation a été édulcorée par rapport aux premières moutures. Et, surtout, les engagements des États ne permettent pas du tout de contenir le réchauffement global des températures à 1,5 °C.

Reporterre détaille les six principaux enseignements de ce sommet :

  • La COP26 compromet l’objectif de 1.5 °C

En ratifiant l’Accord de Paris en 2015, les États s’étaient engagés à contenir le réchauffement climatique « nettement en dessous des 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Alok Sharma, président britannique de la COP26, répétait même à l’envi que le sommet devait permettre de « garder en vie le 1,5 °C » et pousser les États du monde à accroître leurs engagements climatiques afin d’y parvenir.

Quelques progrès ont été obtenus. Dès le premier jour de négociation, une centaine de pays ont promis de réduire leurs émissions de méthane — un puissant gaz à effet de serre — de 30 % d’ici 2030. L’Inde a également annoncé qu’elle atteindrait l’objectif de zéro émissions nettes de carbone d’ici 2070.

Néanmoins, les engagements des pays pour « garder en vie le 1,5 °C » restent largement insuffisants. La Russie, l’Australie, le Mexique, le Brésil et l’Indonésie, qui avaient soumis des plans d’une ambition égale, voire inférieure à leurs précédents, transmis en 2015, n’ont par exemple pas daigné les améliorer. Le groupe de recherche Climate Action Tracker (CAT) a révélé, mardi 9 novembre, que même si les contributions nationales déterminées (CND) pour 2030 étaient véritablement tenues, le monde se dirigerait vers un réchauffement à + 2,4 °C d’ici la fin du siècle.

« Cette COP26 n’aura pas permis produire autre chose que des annonces. »

« Cette COP26 a échoué à combler le manque d’ambition des NDCs [Les « contributions nationales déterminées », les plans climat de chaque État], observe pour Reporterre le politiste et sociologue Stefan Aykut, coauteur du…

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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre) Reporterre

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