COP26 : vers une décision inédite d'abandon des énergies fossiles

Glasgow (Écosse), reportage

Encore non définitif, le document révélé ce mercredi 10 novembre donne une idée de l’avancée des négociations et des décisions qui pourraient être adoptées au terme de la COP26. Celui-ci évoque, explicitement, l’élimination progressive du charbon et des combustibles fossiles, bien qu’aucune date précise ne soit mentionnée. Ce serait une première reconnaissance, dans un texte onusien sur le climat, du rôle central des combustibles fossiles dans la crise climatique.

« C’est un très bon signe, se réjouit Clément Sénéchal, porte-parole climat à Greenpeace, interviewé par Reporterre. Maintenant, il faut que les négociateurs tiennent bon face aux pays pétroliers comme l’Arabie saoudite, la Russie ou l’Australie, qui vont pousser pour que cette mention disparaisse. »

Autre point important : le brouillon d’accord se range à l’avis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), selon lequel la limitation du réchauffement de la planète à 1,5 °C d’ici 2100 nécessiterait une action « significative et efficace » de la part de tous les pays au cours de la « décennie critique », afin de réduire de 45 % les émissions mondiales d’ici 2030 et d’atteindre un objectif de zéro émission nette « vers le milieu du siècle ». Mais le texte observe avec « une sérieuse inquiétude » que les engagements actuels des États vont au contraire augmenter les émissions de 13,7 % d’ici 2030.

Il exhorte donc les États du monde à présenter de nouveaux plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre plus ambitieux d’ici à la fin 2022, s’ils ne l’ont pas déjà fait cette année. Ces plans devront comprendre des objectifs de réduction des émissions d’ici 2030, afin d’éviter les engagements de trop long terme. « C’est une demande polie pour que les pays fassent, éventuellement, mieux l’année prochaine, a ironisé Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International. Les négociateurs ne devraient même pas penser à quitter cette ville avant d’avoir conclu un accord qui réponde, dès à présent, aux besoins actuels. Nous venons d’apprendre que nous nous dirigions vers un réchauffement de 2,4 °C : on ne peut plus tout remettre à l’année prochaine. »

Les pays en développement — les plus vulnérables au changement climatique — ont très mal accueilli la publication de ce texte. En effet, alors que les pays développés n’ont pas honoré leur promesse de mobiliser…

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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre) Reporterre

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