L’an dernier, lors du sommet de la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, l’accord visant à constituer un fonds pour les « pertes et dommages » avait été salué comme une avancée majeure, sur l’un des sujets les plus difficiles des négociations climatiques.
Au cours de cette édition – frustrante par ailleurs – cette décision de novembre 2022 actait le fait que les pays les plus pauvres et les moins émetteurs ont besoin d’aide pour faire face aux conséquences du changement climatique. Et surtout, tentait timidement de déterminer qui doit payer.
En 2023, d’autres records météorologiques extrêmes ont été battus. Des pluies torrentielles ont provoqué des inondations qui ont emporté une ville entière en Libye, tandis que des feux de forêt ont ravagé des pans entiers du Canada, de la Grèce et de l’île hawaïenne de Maui.
Alors que ces événements deviennent monnaie courante partout dans le monde, la nécessité d’un fonds efficace, pouvant être mis en place rapidement pour aider les personnes les plus vulnérables au changement climatique, se fait de plus en plus pressante. Mais un an après les négociations, le fonds ne s’est pas encore concrétisé comme l’espéraient les pays en développement.
J’écris un livre sur la gouvernance des Nations unies en matière de pertes et dommages, et je suis les négociations depuis 2013. Voici ce qui s’est passé après le départ des négociateurs de Charm el-Cheikh, et voici ce qu’il faudra surveiller lorsqu’ils reviendront, cette fois à Dubaï, pour la COP28.
De grandes questions en suspens
De nombreuses questions ont été soulevées et laissées en suspens à Charm el-Cheikh. Parmi elles : qui alimentera ce nouveau fonds ? Où sera-t-il situé ? Qui aura le pouvoir de le gérer ? Et qui aura accès au financement, et surtout qui n’y aura pas accès ?
Un comité transitoire composé de 14 membres issus de pays en développement et de 10 membres issus…
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Auteur: Lisa Vanhala, Professor of Political Science, UCL

