Alors que 2024 est déjà considéré comme l’année la plus chaude jamais enregistrée et que les aléas climatiques font de plus en plus de dégâts, la COP29 qui s’achève apparaît à bien des égards comme décevante. Les pays développés (Europe, États-Unis, Canada, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande), responsables en grande partie du changement climatique, ont promis 300 milliards de dollars par an à partir de 2035 pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Cette aide financière, même si elle est une hausse par rapport aux précédents engagements, est bien en dessous des attentes des pays les plus vulnérables et du chiffrage de l’ONU et de nombreux économistes pour permettre des actions efficaces d’atténuation et d’adaptation d’une part, et pour dédommager ces pays des catastrophes climatiques d’autre part.
Avant même de commencer, la COP29, était déjà surnommée la COP de la finance. De fait, il a beaucoup été question de financement à Baku avec d’intenses débats autour de sommes qui peuvent paraître faramineuses de par les ordres de grandeur abordés : des centaines de milliards, de milliers de milliards de dollars.
Des montants censés être à la hauteur de l’urgence actuelle, avec une COP qui débutait alors même que l’année 2024 était déjà considérée par le dernier rapport du service européen Copernicus comme étant de manière quasi certaine l’année la plus chaude jamais enregistrée, avant même de se terminer. C’est aussi la première année qui dépasse de 1,5 °C le niveau de l’ère préindustrielle, seuil pourtant fixé comme limite à ne pas atteindre par l’accord de Paris lors de la COP21.
Une COP dans un contexte de records de chaleur et d’événements climatiques extrêmes
L’année 2024 a également été, une fois encore, celle de nombreuses catastrophes climatiques, des précipitations meurtrières au Népal ou au Kérala, en…
Auteur: Benjamin Sultan, Directeur de recherche au laboratoire ESPACE-DEV (Montpellier), Institut de recherche pour le développement (IRD)

