7 février 2024. Dans la salle de conférence de rédaction des nouveaux locaux de Reporterre, une odeur de peinture titillait encore nos museaux. Neuf mois avant la 29e Conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques (COP29), quelques journalistes planchaient déjà sur la couverture de ce rendez-vous. Comme chaque année, Reporterre suit cet événement majeur, pour mieux vous informer. Et comme chaque année, une question cruciale se posait : « Faut-il, oui ou non, se rendre sur place ? » Le souci : le pays hôte désigné pour accueillir cette COP29 n’est autre que… l’Azerbaïdjan, à plus de 4 000 km de Paris.
En filigrane se posait l’épineux sujet de l’empreinte carbone d’un tel voyage. N’ayant pas de correspondant sur place, nous devions envoyer un journaliste à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, dont le stade olympique sera l’épicentre des négociations du 11 au 22 novembre. L’option avion, depuis Paris, signifiait parcourir 4 000 km avec une escale à Istanbul, et dépenser environ 1,574 tonne d’équivalent CO2 pour l’aller-retour. Hors de question.
D’autant qu’en septembre 2022, Reporterre a activement participé à l’élaboration de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, depuis signée par des dizaines de médias. Face à la crise climatique, la Charte appelle les journalistes à « modifier [leur] façon de travailler ». Et notamment, comme le détaille l’article 12, en adoptant des pratiques bas carbone. Il serait bon de l’appliquer. Après tout, des chercheurs invités à l’autre bout du monde pour leur travail commencent à se passer de l’avion, comme Gianluca Grimalda, dont nous avons raconté l’aventure. Tenter de suivre leur exemple serait le minimum pour un média spécialisé sur l’écologie.
Au fil des discussions a émergé une idée : « Et si l’on y allait sans prendre l’avion ? » L’idée a…
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Auteur: Emmanuel Clévenot

