COP30 : « Se recueillir est vital pour affronter les enjeux de notre monde »

« Comme il est triste, déplorait Victor Hugo, de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. » À l’heure où l’humain ploie sous la pression d’une constante « accélération sociale » (Hartmut Rosa), des rythmes de vie et des transformations sociétales provoquant un état de fatigue généralisée, aggravée par une actualité objectivement anxiogène, n’est-il pas primordial d’écouter ce que nous dit la nature, création multiforme, enseignante de vie ? Et de la manière la plus simple qui soit : en portant notre attention sur la saison présente, l’automne. Que nous dit l’automne au travers de l’un de ses porte-parole : l’arbre ?

Reprendre en soi ses forces comme l’arbre en automne

Avec les prémices hivernales, les arbres se sont dépouillés de leurs feuilles, envolées, enfouies, non sans avoir fait jaillir un dernier flamboiement de couleurs. Ne produisant plus de cellules de bois, l’arbre économise son énergie. Il se prépare à l’arrivée de l’hiver, il fait redescendre la sève aux profondeurs racinaires. Tel un message de « sœur notre mère la Terre » (François d’Assise), reconnaissons ici une invitation au recueillement : consacrer un temps à retrouver nos racines, celles de notre intériorité, les fondements de ce que nous sommes, ce que je suis, en relation avec Celui qui est (Exode 3,14 ; Jean 8,28).

Descendre dans notre cœur, ce lieu invisible où se renouvellent nos forces. Notamment celles mobilisées par nos actions collectives, paroissiales et associatives. Notre cœur est l’épicentre des diverses branches de notre insertion dans le monde. Dès lors, une des premières urgences « écologiques » ne réside-t-elle pas dans la constance à prendre le temps de dire « stop » et de se recueillir silencieusement en Celui qui nous appelle à veiller sans cesse (Luc 21,36) ?

Non certes, pour se replier sur soi, se renfermer…

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