Belém (Brésil), correspondance
Quelle drôle de tournure prend cette COP30. Après le coup de poker manqué de la veille, la conférence onusienne sur le climat a été chamboulée par un incendie, le 20 novembre au soir, heure de Paris. Sous les ordres des agents de sécurité, tous les participants ont fui l’enceinte du grand raout et les négociations ont été interrompues net plusieurs heures durant. Résultat : le suspense autour d’un potentiel accord historique sur la sortie des énergies fossiles perdure.
Il avait beau ne pas être à l’ordre du jour, ce thème est dans toutes les bouches à Belém. De retour aux portes de l’Amazonie avec la détermination de booster l’avancée des débats, le président brésilien Lula a de nouveau inscrit cette question à l’agenda de la COP30, le 19 novembre : « Il faut montrer à la société que nous voulons » sortir de la dépendance aux hydrocarbures, a-t-il déclaré. Une prise de position déterminante dans cette conférence peinant à définir un cap ? Ça aurait pu… s’il n’avait pas précisé ensuite : « Sans imposer quoi que ce soit à personne, sans fixer de délai. »
Il refuse d’« imposer quoi que ce soit »
Par ces mots, le chef d’État a aussitôt vidé de sa substance un objectif indispensable pour enrayer l’envolée des températures planétaires. « C’est possible, essayons », a-t-il encore mollement ajouté. Seulement, il ne s’agit plus d’essayer, d’ajouter aux ambitions un caractère non contraignant, encore moins des délais illimités. L’abandon progressif du pétrole, du gaz et du charbon doit s’opérer dès maintenant.
Le temps passe, et rien ne change
Malheureusement, des années durant, les pays pétroliers et les lobbyistes du secteur se sont tenus en rang serré pour que le sujet soit tu lors des conférences onusiennes sur le climat : « La COP28 a permis d’enfin briser le tabou avec l’adoption d’un accord…
Auteur: Emmanuel Clévenot, Raphaël Bernard

