Morgane Créach est directrice du Réseau Action Climat France ; Nikki Reisch est directrice du programme climat et énergie du Center for international environmental law (Ciel) ; Ethan Spaner est conseiller principal en politiques internationales au Climate Reality Project.
Lors d’une réunion des ministres de l’Environnement du triangle vert de Weimar (Pologne, Allemagne et France), les 28 et 29 septembre, la France s’est prononcée en faveur d’une réforme des négociations climatiques. À l’approche de la COP31 sur le climat, du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie, nous l’appelons à être plus concrète, en soutenant le recours au vote à la « majorité qualifiée », et à dénoncer les conflits d’intérêt stérilisants liés à la présence des industries polluantes à la table des négociations.
Aujourd’hui, un constat s’impose : la dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire, comme en témoigne notamment la fonte des glaciers au Népal. Pourtant, les financements mondiaux pour lutter contre le réchauffement climatique restent anémiques (300 milliards de dollars annuels, alors que les besoins sont estimés à plus de 1 000 milliards de dollars par les Nations unies), tandis que les investissements dans les énergies fossiles et leur production continuent d’augmenter : 21 % sur les dix dernières années pour le gaz naturel (selon Oil Change International, en 2026) et 9 % pour le pétrole en 2025 (selon l’Institute for Energy Research), ce qui est un nouveau record.
« La prise de décision reste l’otage d’un consensus entre tous les États »
Cette contradiction n’est pas le fruit du hasard : elle révèle les limites d’un système de gouvernance climatique. Lors des sommets comme les COP (Conférence des parties, en français), la prise de décision reste l’otage d’un consensus entre tous les États. Une poignée de pays, soucieux de…
Auteur: Catherine Marin
