La Cour constitutionnelle sud-coréenne a rejeté lundi 24 mars la motion de destitution contre le premier ministre Han Duck-soo, nouvel épisode de l’instabilité provoquée par la tentative ratée du président Yoon Suk-yeol d’imposer la loi martiale.
Alors que le verdict sur une éventuelle destitution de Yoon Suk-yeol est attendu dans les jours qui viennent, Han Duck-soo reprend ainsi son poste et récupère la charge de président par intérim. Il avait été suspendu par les députés il y a trois mois, après un premier remplacement de moins de deux semaines à la tête de l’État.
« La Cour constitutionnelle a décidé de rejeter la procédure en destitution contre le premier ministre Han Duck-soo » à cinq votes contre un, a énoncé dans un communiqué la juridiction, dont le jugement est sans appel. Ses agissements, a-t-elle expliqué, « ne peuvent être considérés comme constitutifs d’une trahison de la confiance du peuple ».
« Je salue la décision sage des juges, a réagi devant la presse Han Duck-soo. Je pense que tous les citoyens s’élèvent clairement contre une sphère politique hautement polarisée (…) La priorité de notre pays est d’aller de l’avant ».
La Corée du Sud est plongée dans le chaos politique depuis le coup de force de son président en titre, Yoon Suk-yeol, dans la nuit du 3 au 4 décembre. L’ancien procureur vedette avait déclaré la loi martiale par surprise et envoyé l’armée au Parlement pour tenter de le réduire au silence.
Mais un nombre suffisant de députés était parvenu à se réunir pour rapidement contrecarrer ses plans en votant à l’unanimité le retour au régime civil.
L’Assemblée nationale a voté le 14 décembre une première motion de destitution contre le dirigeant, alors suspendu de ses fonctions. Puis le 27 contre son premier remplaçant, Han Duck-soo.
Il était notamment reproché à ce dernier d’avoir refusé de nommer de nouveaux juges à la Cour…
Auteur: La Croix (avec AFP)

