Corps de rêve : quand l’extrême droite dicte les normes esthétiques

En mars dernier, les images de la secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, posant devant des prisonniers vénézuéliens déportés vers un centre pénitentiaire du Salvador, sont devenues virales. Look glamour. Maquillage prononcé. Longue chevelure ondulée. Rolex, pantalon slim et tee-shirt moulant. L’image de ce corps parfait exposé devant des hommes non-blancs, torse nu, mis en cage, est apparue comme le symbole du modèle de féminité qui domine les politiques néoréactionnaires.

Les langages et les images des industries de la mode et de la beauté s’adaptent très bien à l’atmosphère culturelle produite par l’extrême droite dans le monde occidental. Au-delà de l’obsession de la minceur, des prescriptions esthétiques âgistes, toute une culture du corps eugéniste et autoritaire s’immisce dans les modes de consommation de la beauté et du bien-être.

Cette conception hygiéniste, raciste, classiste et transphobe de la féminité s’affirme contre le modèle du corps improductif de la femme de gauche

De la tradwife à la chanteuse country

Elle circule dans les médias populaires, amplifiée par les algorithmes, dans le luxe, ou les sphères politiques, artistiques. L’univers Maga aux États-Unis la recycle ad nauseam. De la tradwife à la chanteuse country, jusqu’aux tendances « girlboss », les idées réactionnaires sont incarnées par une esthétique corporelle genrée aisément identifiable : corps tonique, mince ; cheveux raides, longs (idéalement blonds) ; peau blanche ; maquillage prononcé ; chirurgie esthétique ; efficience productive et reproductive (le corps qui produit des richesses est aussi celui qui enfante).


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Auteur: Nadia Yala Kisukidi

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