Comment rendre visible ce que les cotisations financent réellement ? Comment créer une gouvernance des cotisations participative ? C’est l’objectif de Coticoin, une cryptomonnaie conceptualisée par deux chercheurs ; pour émanciper, pas pour spéculer. Avec le rêve d’organiser collectivement l’accès aux ressources en alimentation, santé, mobilité ou culture, en donnant aux citoyens un rôle actif dans les décisions stratégiques du système social français.
En février 2024, une étude publiée dans The Lancet révélait près de 900 cas de scorbut en France. Cette maladie, que l’on pensait disparue depuis les traversées maritimes du XVIIIe siècle, réapparaît aujourd’hui ; non par négligence médicale, mais par manque d’accès à une alimentation saine. Les victimes ? Des personnes précaires, touchées de plein fouet par la hausse des prix des fruits et légumes.
Cette situation ravive une idée débattue depuis plusieurs années : celle d’une d’une sécurité sociale de l’alimentation, garantissant un accès universel à une alimentation de qualité, sur le modèle de l’assurance maladie. Ce principe pourrait s’étendre à d’autres besoins vitaux –, logement, santé, mobilité, culture – comme le propose le sociologue et économiste Bernard Friot. L’objectif ? Organiser collectivement l’accès à ces ressources, financé par les cotisations sociales et géré démocratiquement.
Mais comment rendre visible ce que les cotisations financent réellement ? C’est pour répondre à cette question que nous proposons la création de Coticoin, une cryptomonnaie sociale expérimentale fondée sur la preuve de cotisation – ou Proof of Contribution. Ce dispositif rendrait traçables les flux issus des cotisations, en affectant chaque unité monétaire à un usage précis – alimentation, logement, santé, etc. –, avec une gouvernance participative. Ce faisant, Coticoin permet de reconnecter…
Auteur: Ariane Tichit, Maîtresse de conférences, Université Clermont Auvergne (UCA)

