Depuis plusieurs années qu’internet a été aspiré par le vortex des réseaux sociaux, eux-mêmes presque entièrement happés par le buzz des télé-réalités, des sites commerciaux et des “médias” d’info-divertissement, nous voyons toujours plus de polémiques haineuses dévorer avec un succès navrant les temps de cerveaux disponibles des citoyens et citoyennes. C’est même devenu un business-modèle à part entière tant il est efficace : la réactance fait vendre. A tel point que nous avons fini par trouver normal de nous acharner à perte de vue et à temps perdu, rarement en connaissance de cause, sur la couleur de peau d’un personnage imaginaire… Pendant ce temps, le modèle capitaliste est bienheureux. Il grossit, encore et toujours, emportant tout sur son passage : avenirs, écosystèmes, paysages, vie, beauté, amour, libertés, joies, jusqu’au moindre souffle de dignité et de lucidité que nous pourrions investir à lui faire front. Edito.
Pourquoi revenir sur une polémique jugée régressive et aveuglante ? Eh bien parce que, parfois, les monstres gagnent tant et toujours plus de terrain qu’il devient impossible de les occulter : il s’avère plus plus important, de faire face, de déconstruire les croyances et les manipulations. Certes, nous prenons le risque de donner un peu de visibilité supplémentaire à cet espèce de trou noir intellectuel (avait-il vraiment besoin de nous pour cela ?), mais nous faisons aussi et surtout le choix de transmettre quelques pistes d’esprit critique décisives à celles et ceux qui, pris dans la chute ou indignés, sont prêts à les saisir en faveur de causes justes. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour se ressaisir et comprendre que nos émotions sont manipulées par des polémiques douteuses.
Faisons le choix d’alerter, de sensibiliser, là où les instruments abrutissants des acteurs du spectacle commercial nous asservissent, nous aliènent et nous détournent des causes citoyennes. Nos sociétés industrialisées dévorent dores et déjà le Vivant, notre cohésion, et dénaturent de plus en plus notre co-existence sur Terre. A l’heure où nous avons besoin de solidarité, de coopération et de sobriété, le dieu-dollars s’égosille de nous voir perdre la tête et toute sensibilité, humanité, sur des sujets racoleurs montés en épingle en pleine conscience. Mise au point à froid, sur et au-delà d’une certaine Fée Bleue…
La Réactance vend du clic sur nos frustrations identitaires, épisode 493684..
Carlo Chiostri (1863–1939), Firenze 1902 /…
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Auteur: Sharon Houri

