Belém (Brésil), correspondance
Nouvelle COP, nouveau fiasco. Samedi 22 novembre à 17 h 41 (heure française), le président de la conférence onusienne, André Correa do Lago, a frappé trois fois de son marteau pour officialiser la fin des négociations. Un geste qui a aussitôt été accueilli par la révolte de plusieurs diplomates.
L’Union européenne, la Colombie, la Suisse et le Panama ont affirmé ne jamais avoir donné leur approbation au texte d’accord validé par le président lors de cette ultime plénière. Celui-ci aurait clos les débats… sans leur accorder la parole.
Tentant de calmer la grogne ainsi suscitée, André Correa do Lago s’est alors excusé : « Je regrette de ne pas avoir vu les drapeaux [se lever pour réclamer la parole]. » De sa tribune, il a assuré aux voix dissidentes que leur mécontentement serait notifié dans le rapport final.
Cette maigre compensation n’a pas suffi à mettre fin le scandale à l’indignation des délégations. « Nous ne demandons pas à être mentionnés dans le rapport », a rétorqué la déléguée colombienne.
Nouvelles négociations à huis clos
Sous les huées et cris de colère, des membres de l’équipe présidentielle ont murmuré des choses à l’oreille de leur chef. Les micros étant coupés, personne n’a entendu la conversation. Mais un instant plus tard, l’homme a suspendu la session et entamé de nouvelles discussions à huis clos.
Dans les couloirs de la COP30, la sidération règne. La conférence est-elle finie ? L’accord reste-t-il valide ? Une nouvelle plénière sera-t-elle programmée ? « Je n’ai jamais vu ça. C’est incompréhensible », dit Gaïa Febvre, chargée des négociations internationales au Réseau Action Climat. Habituée des conférences onusiennes, elle peine à comprendre ce qui est en train de se passer.
« Je n’ai pas dormi et cela n’a probablement pas aidé »
À 19 h 20, la plénière a finalement…
Auteur: Emmanuel Clévenot, Paula Gosselin

