Lors de la finale de la Coupe du monde qui l’oppose à l’Espagne, dimanche 19 juillet, l’Argentine devra se passer d’un de ses plus fervents supporteurs : Javier Milei. Mais si le siège du président ultralibéral argentin restera vide, ce n’est ni à cause d’un agenda présidentiel chargé, ni d’obligations personnelles. Le chef de l’État a décidé de ne pas se rendre au stade… par superstition.
Passionné de football, Javier Milei suivra bien la rencontre, mais depuis la salle de cinéma de sa résidence. Il portera d’ailleurs la même veste de la compagnie pétrolière YPF qu’il revêtait lors du quart de finale, convaincu qu’elle a aidé l’Albiceleste à remporter le match face à la Suisse.
Dans de nombreuses équipes, la superstition dicte les comportements ou habitudes de certains footballeurs. Mais en Argentine, ces petits rituels, appelés des « cábalas », occupent une place particulièrement importante dans la culture du ballon rond. Joueurs, entraîneurs et supporteurs en cultivent souvent une, voire plusieurs, dans l’espoir d’influencer le destin d’un match. Porter toujours les mêmes chaussettes, entrer sur la pelouse du même pied, regarder une rencontre depuis la même place ou faire un signe de croix avant le coup d’envoi : autant de gestes répétés qui, pour beaucoup, sont aussi importants que les tactiques de jeu sur le terrain.
Métissage culturel
Cette culture de la superstition est profondément ancrée dans la société argentine. Elle est le fruit d’un métissage culturel qui s’est construit au fil des siècles et dont l’origine remonte aux peuples autochtones d’Amérique du Sud. Pour ces populations, le hasard n’existait pas vraiment : les récoltes, la météo ou encore l’issue d’une guerre dépendaient de forces invisibles telles que les esprits et les divinités. Avant une bataille ou une chasse, il était courant de réciter des paroles…
Auteur: Camille Sciauvaud

